Accueil Lettre ouverte
Imprimer Email

Lettre ouverte au Président de la République

 

Réveillons la concurrence !

La baisse du pouvoir d’achat est devenue l’une des préoccupations majeures des Français qui constatent, chaque jour, ses effets négatifs et qui ont également compris qu’elle devenait un réel danger pour notre économie.

Effaré par les augmentations de prix dénoncées par les associations de consommateurs, et confirmées par les enquêtes des pouvoirs publics, le gouvernement a fait de cette question l’une de ses priorités.

C’est ainsi que notre ministre de l’économie et des finances a récemment demandé aux consommateurs d’être vigilants et de faire jouer la concurrence.
Encore faudrait-il qu’elle existe !

Montrée du doigt, l’augmentation vertigineuse du prix de certains produits alimentaires ne doit pas faire oublier que ces derniers ne représentent plus en moyenne 20% du budget d’un ménage.
En effet, le panier de la ménagère de notre début de XXIème siècle n’est plus uniquement composé de fromages, yaourts, céréales, pâtes, jambon blanc... comme continuent à le croire certains.
D’autres dépenses se sont imposées et occupent une part de plus en plus importante de ce budget : l’énergie, les transports, les télécommunications, ou d’autres services, dont les prix ne cessent de croître et menacent, si rien n’est fait, de peser lourdement et durablement sur le pouvoir d’achat des Français.
Pour le seul secteur des communications électroniques, c’est-à-dire la téléphonie fixe, mobile et Internet, ce budget a plus que doublé en 10 ans pour atteindre, en moyenne 93 euros par mois et par foyer, et jusqu’à 135 euros pour une famille avec deux enfants **.
Paradoxalement, dans ces domaines, la concurrence existe, elle est même institutionnalisée et contrôlée, ses règles sont définies ou retranscrites dans notre droit. Mais, visiblement, elle ne fonctionne pas !

Pour preuve, dans le domaine de la téléphonie mobile, l’oligopole en place a réussi à faire de ses MVNO de « gentils concurrents » qui ne représentent globalement que 4%* du marché avec des marges telles, que nombre d’entre eux ont jeté l’éponge ces derniers mois ou se sont fait discrètement absorber par l’un des trois opérateurs mobiles dominants.
A titre de comparaison, la pénétration des MVNO atteint 10% en Finlande et au Royaume Unis, 25% au Danemark !

Ce n’est pas mieux dans les domaines de la téléphonie fixe et de l’Internet où, dix ans après l’ouverture du marché des particuliers, de plusieurs dizaines d’opérateurs nous sommes presque arrivés à deux.
Pour parfaire la situation, les modalités de dégroupage sont toujours aussi problématiques et le risque est encore grand, pour un abonné qui souhaite changer d’opérateur, de se retrouver sans ligne pendant plusieurs jours, quand ce n’est pas plusieurs semaines.
Tout ça pour ça….

Dans le domaine de l’énergie, et alors même que la concurrence sur le marché des particuliers est effective depuis le 1er juillet 2007, le nombre de fournisseurs alternatifs se compte sur les doigts d’une main et ils n’alignent, en dépit d’efforts commerciaux colossaux, que 5 000 clients particuliers* !

Dans le domaine du transport aérien, les opérateurs low-cost rencontrent, sur notre territoire, les pires difficultés pour exercer leurs activités sur un marché verrouillé par Air France.
Cela se traduit également dans les chiffres : avec 18 millions de passagers, soit 13,2% du total du trafic enregistré par les aéroports français en 2006, la part du low-cost en France, est la plus faible d’Europe.

Dans le domaine du jeu de hasard et d’argent, les directives européennes ne sont pas appliquées en France et l’Etat français continue à protéger le monopole de la Française des Jeux et du PMU, notamment sur Internet, au mépris des récentes décisions de justice.

Dans le domaine du courrier où il faudra finalement attendre 2 011 pour choisir son opérateur postal. Situation ahurissante qui élimine, dans l’œuf, toute tentative de concurrence jusqu’à cette échéance et qui a conduit les opérateurs concurrents du monopole à cesser purement et simplement leur activité de distribution de courrier adressé.

Le collectif «Libre Choix» a été créé à l’initiative d’acteurs alternatifs opérant dans différents secteurs d’activités et qui font tous le constat qu’en France, et en dépit des discours et des bonnes résolution, la concurrence, ça ne marche pas.
Pire, certains monopoles en place n’hésitent pas à la montrer comme la cause et non le remède aux difficultés économiques des Français.

Les membres du collectif « Libre Choix » ont décidé de tout mettre en œuvre pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur les difficultés qu’ils rencontrent face à des monopoles dont on essaye de nous faire croire qu’ils sont démantelés.

 

C’est pourquoi, le Collectif «Libre Choix» :

  • Demande que soient abolis les monopoles encore en place dans les secteurs des services et de l’énergie afin que les consommateurs français puissent, comme leurs voisins européens, accéder aux bénéfices d’une vraie concurrence.
  • Veut que des mesures soient adoptées rapidement par le gouvernement et que des dispositifs efficaces en faveur de la libre concurrence dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des services postaux notamment soient inscrits dans la loi de modernisation de l’économie.
  • Exige de l’Etat Français l’application des directives européennes et des lois en vigueur qui garantissent la libre concurrence dans les secteurs des services et de l’énergie.

Nous en avons assez que la concurrence soit l’alibi pour les monopoles,

la bonne conscience de l’Etat,

et un mensonge pour nous, les consommateurs.

 

Rejoignez le collectif « Libre choix »
Signez la pétition en ligne sur notre site



*au 30/09/07

** Source Arcep 2008

 

 

 
 
A votre avis, quels secteurs sont le plus fermés au Libre Choix ?