Comme l’avait annoncé le Collectif Libre Choix, aucun opérateur alternatif ne viendra concurrencer La Poste sur le marché nouvellement libéralisé du courrier. Ce sera une première dans l’histoire de l’ouverture des marchés à la concurrence dans notre pays. En effet, les concurrents potentiels de La Poste considérant que les conditions d’ouverture du marché du courrier ne leur semblent pas suffisamment favorables ont préféré renoncer, purement et simplement.La raison la plus couramment invoquée pour justifier cette démission est que le courrier est un marché en décroissance et pas suffisamment porteur pour permettre à des concurrents de l’opérateur historique d’émerger. Un marché estimé néanmoins à près de six milliards d’euros en 2009 ! Le Collectif Libre Choix réfute cet argument. En effet, si le courrier semble voué à un inexorable déclin et ce, en dépit des milliards d’euros que l’État français a fait pleuvoir sur La Poste ces trois dernières années pour « moderniser le courrier » (voir communiqué du Collectif Libre Choix du 8/07/2010), c’est que La Poste n’a pas su innover, ni renouveler son offre courrier.
La concurrence sur ce segment de services postaux aurait sans aucun doute contribué, comme cela est le cas partout où il y a de la concurrence, à l’arrivée d’offres innovantes qui seraient naturellement venues stimuler le marché comme, par exemple, des offres associant l’impression numérique à l’Internet. Pour le Collectif Libre Choix, l’échec de cette tentative d'ouverture de marché est principalement dû au manque de sécurité juridique quant à l’organisation du marché, notamment au caractère non définitif et imprécis des règles de contribution des acteurs alternatifs au fonds de compensation du service universel.Sans certitude sur ce point, il est en effet impossible, pour les éventuels candidats à opérer sur le marché du courrier, d’élaborer un plan d’affaires sérieux et crédible dans un cadre réglementaire changeant au gré des politiques, du régulateur et sous la pression de l’opérateur historique.Le secteur de l’électricité en a fait et continue à en faire les frais : 6 années après l’ouverture du marché, les conditions tarifaires imposées par EDF à ses concurrents font qu’ils continuent de vendre à perte faute de définition de règles précises et pérennes au moment de la libéralisation du marché. Le Collectif Libre Choix déplore ce nouveau rendez-vous manqué et rappelle que ce sont les nouveaux entrants qui auraient pu « moderniser le courrier » au bénéfice du consommateur, de notre économie et de La Poste elle-même, bien placée pour innover, à condition qu’elle soit stimulée par une saine et véritable concurrence. |